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L'argument économique contre le partage

Posons comme principe que le partage d’œuvres sur Internet sans but de profit ne doit en aucune manière être restreint. Quelles justifications peuvent amener à le rejeter ?

Il n’y en a qu’une, elle est économique : permettre aux auteurs d’être rémunérés. Effectivement, une offre illimitée, accessible à tous (grâce au partage), et un coût marginal nul impliquent un prix nul. Il faudrait alors restaurer une certaine rareté afin de pouvoir vendre.

Mais par ailleurs, l’objectif de l’économie, c’est de surmonter au mieux la rareté. C’est là que la justification économique devient absurde : il s’agirait de restaurer une certaine rareté dans le but de résoudre un problème économique, alors que le but de l’économie est de résoudre les problèmes que pose la rareté. Ce serait lutter contre l’objectif afin de conserver ce contre quoi on lutte.

En clair, l’économie ne peut pas être une justification en soi, en dernier ressort, car elle ne s’applique qu’à la rareté. Tout ce qui est surabondant, non-rival, devrait être hors-marché. Sinon, il faudrait interdire le soleil.

Bien sûr, je ne dis pas qu’il faut supprimer l’économie ; je dis juste qu’elle ne s’applique qu’aux domaines de rareté. Dans le cas limite où tout serait surabondant, n’appliquer l’économie qu’aux domaines de la rareté conduirait effectivement à la suppression totale de l’économie. Dans ce monde imaginaire, ce serait très logique : si chacun pouvait tout avoir sans effort, pourquoi restreindre l’accès aux biens en le conditionnant à une “rémunération” qui n’aurait alors aucun sens ? Tout le monde y serait perdant.

Toute la difficulté est de vivre dans un monde composé à la fois de rareté et d’abondance. Et beaucoup tentent de restaurer la rareté partout uniquement pour faire fonctionner l’économie. Quel paradoxe !

Solutions

Ce billet a pour unique but de rejeter l’argument économique contre le partage sans but de profit, pas de conclure sur une solution définitive.

Selon moi, les solutions à envisager, quelles qu’elles soient, doivent respecter le principe que nous avons posé.

C’est le cas de la contribution créative (ou licence globale). Mais cette proposition amène quelques critiques (ici et par exemple).

Pour ma part, vous le savez, je suis convaincu que le financement de la création est un cas particulier d’un problème plus général, dont (au moins une partie de) la solution est le dividende universel.

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Commentaires

C’est dans l’air du temps. En d’autres mots, se soumettre, permet d’admettre qu’il existe un brave homme qui se met à notre service, nous permettant ainsi de penser à autre chose.

Sinon depuis le siècle des lumières nous savons qu’il n’existe pas de titre en science, que d’en accorder produit de grandes misères pour plusieurs générations.

La croyance nous libère de la peur et permet d’accorder le titre de chercheur en physique, de maire de citée, de vieil homme sénateur aux rentes diverses.

L’économie est notre liberté de réver, et oui aussi de réver que ce concept puisse être fiable.

Cordialement

Il faudrait alors restaurer une certaine rareté afin de pouvoir vendre.

La culture n’a pas pour but en soi d’être vendue. Seuls les intermédiaires (majors et autres sociétés de répartition) ont intérêt à ce que cette vision de la chose prédomine. (ils paient au début pour obtenir une rente ultérieure, qui leur sert de modèle économique)

Le modèle économique idéal, vers lequel Internet pousse fortement, est celui du logiciel libre : c’est gratuit… une fois que ça a été payé.

La solution est « simple » : il faut mettre en place des financements alternatifs (contribution volontaire et/ou paiement forfaitaire du public et/ou des acteurs qui bénéficient économiquement de la création, selon la couleur politique du moment) aux sociétés sus-citées, vu que c’est le seul modèle qui tienne la route.

Fauve

Ce serait lutter contre l’objectif afin de conserver ce contre quoi on lutte.

Bravo, c’était la phrase que je cherchait à formuler et qui exprime dans toute sa profondeur (profond dans le sens de « creux ») l’absurdité consistant à maintenir un système fondé sur la vente de copie qui n’a lieux d’être que lorsque l’opération de copie nécessite des dispositifs industriels lourds (ce qui n’est évidement plus le cas).

Merci d’avoir soulagé ma frustration littéraire.

Avant j’utilisais la comparaison avec je ne sais plus quel personnage fictif qui cherchait le remède contre l’immortalité.

Bien que l’article n’a pas pour sujet les solutions, il me semble que l’une des solutions que l’on n’ai même pas caressé serait tout simplement de sortir du cadre commercial certaines activités. Ainsi, on (tout le monde peut-être) pourrait être écrivain à ses temps perdus et l’on aurait alors une production dénuée de tout intérêt commercial et seulement mue par des convictions. N’était-ce pas le cas de Voltaire qui avait un travail hors de la philosophie et pour qui écrire n’était qu’un passe-temps (idem pour une majorité d’auteurs d’époque). Pour la musique, on aurait de nouveaux de vrais musiciens en dehors du star-sytem.

Reste le cas particulier du cinéma, la production d’un film nécessitant des moyens financiers considérables mais, encore une fois, il n’est pas impossible de payer les frais de fonctionnement, payer les acteurs/métreurs en scène/les autres intervenants de sorte que le film rentre dans ses frais, et de la rien n’empêche la diffusion publique du film, vue que ce dernier est déjà rentabilisé à la source.

La réflexion est proche de celle concernant l’agriculture et la spéculation sur les prix des produits alimentaires…

Et pourtant, de la rareté dans le cybermonde, il y en a ! Il s’agit de l’attention. J’aurais beau télécharger tous les films et toute la musique de ces 40 dernières années, je ne pourrais au plus en regarder que 24h chaque jour. Entre parenthèses, malgré son évidence, il s’agit d’un argument fort pour la licence globale, qui contredit l’argument selon lequel la contribution demandée aux usagers ne pourrait jamais être assez élevée par rapport à tout ce que les internautes pourraient télécharger.

Quoiqu’il en soit, l’industrie du divertissement n’a même pas expérimenté ne serait-ce qu’un peu un modèle économique de l’attention¹. À leur décharge, à peine apparu, le terme économie de l’attention est passé à la trappe, la majorité des gens préférant vendre leur vie privée pour économiser 4 € par an (je fais bien sûr référence à Facebook).

¹ On me citera Beezik, mais là encore, il faut contrôler techniquement ce que l’internaute visionne ou écoute, il y a longtemps j’avais écrit une bafouille qui s’intéressait un peu à cette question de l’économie de l’attention : http://idoric.free.fr/dotclear/index.php/post/2007/09/13/Donner-des-oreilles-a-lecrivain-et-une-bouche-au-lecteur

[…] ce sujet épineux :Le téléchargement direct explose…Et si Hadopi… avait déjà gagné ?L’argument économique contre le partageBref, Megaupload a ferméPour finir sur une note plus détendue, voici une parodie de Bref signée […]

Yoko

Ton billet est bizarre. Tu nous explique qu’il ne faut pas d’économie dans la culture, mais tu annonce toi même qu’il y a un problème économique et qu’il faut tenter de le résoudre.

Contrairement à ton exemple du soleil (assez fumeux), la création artistique est un coût et certains cherchent à vivre de cette création.

®om

@Yoko

Ton billet est bizarre. Tu nous explique qu’il ne faut pas d’économie dans la culture, mais tu annonce toi même qu’il y a un problème économique et qu’il faut tenter de le résoudre.

Ce n’est pas contradictoire. Les biens non-rivaux (duplicables à l’infini à coût nul et accessibles à tous) doivent être hors-marché, justement parce que l’économie ne peut pas s’y appliquer.

Il y a un conflit entre l’abondance et l’économie de la rareté (c’est un pléonasme). Faut-il alors choisir la rareté ou l’abondance ?

Une fois le principe que nous avons posé envisagé, nous avons besoin d’une organisation sociale qui permette de gérer la cohabitation entre les domaines d’abondance et ceux de rareté, sans pour autant tenter de supprimer les domaines d’abondance.

@Yoko

la création artistique est un coût et certains cherchent à vivre de cette création

Et si le travail et le revenu étaient séparés ? S’ils ne vivaient pas de cette création, mais qu’ils pouvaient vivre pour cette création ?

®om

@idoric

J’aurais beau télécharger tous les films et toute la musique de ces 40 dernières années, je ne pourrais au plus en regarder que 24h chaque jour. Entre parenthèses, malgré son évidence, il s’agit d’un argument fort pour la licence globale, qui contredit l’argument selon lequel la contribution demandée aux usagers ne pourrait jamais être assez élevée par rapport à tout ce que les internautes pourraient télécharger.

Bonne remarque.

@idoric

Et pourtant, de la rareté dans le cybermonde, il y en a ! Il s’agit de l’attention.

[…]

http://idoric.free.fr/dotclear/index.php/post/2007/09/13/Donner-des-oreilles-a-lecrivain-et-une-bouche-au-lecteur

C’est intéressant, pourquoi pas ? Ce modèle marcherait-il ? Je n’en sais rien.

Mais sur le principe même, cela me pose un problème : pourquoi devrions-nous absolument avoir besoin de rareté quelque part pour “pouvoir vivre de” quelque chose ? Pourquoi les créations (y compris celles qui ont trouvé leur public) dont les auteurs n’ont pas réussi à trouver de rareté seraient-elles à ce point découragées ? Si rien n’était rare (exceptée la rareté), ne pourrions-nous pas vivre ?

L’économie de l’attention permettrait peut-être de financer une (petite ?) partie de la création. Mais, je me trompe peut-être, je la considère plus comme un “patch” pour sauver un modèle de rareté qui n’est pas souhaitable.

Nous avons un soucis de démonstration logique. Je cite :

Effectivement, une offre illimitée, accessible à tous (grâce au partage), et un coût marginal nul impliquent un prix nul. Il faudrait alors restaurer une certaine rareté afin de pouvoir vendre

Il y a deux problèmes à résoudre :

(1) qu’est-ce qui a un coût marginal nul très exactement ?

Si c’est la copie, très bien, mais une oeuvre n’est pas la copie de l’oeuvre, et que je sache la création d’une oeuvre même immatérielle n’a absolument pas de “coût nul”. Le raisonnement est donc profondément faux à la base. Sans partir sur des bases véritables alors on raisonne de façon erronée dès le commencement.

(2) Pourquoi faudrait-il une “rareté” pour pouvoir “vendre”. Ceci est parfaitement faux. Ainsi bien qu’un accès internet soit partout présent en France, il n’existe pas d’accès gratuit, et tout accès se vend. Bien qu’il existe des disques durs permettant de stocker des quasi infinités d’octets, la vente de disques durs existe et ne dépend absolument pas de la “rareté” des octets stockables qui n’existe pas.

Il y a donc une erreur de raisonnement profonde qui ne comprend pas la création de valeur en tant que temps. La production dans le temps peut produire des valeurs en quantité infinie, non-rare, pour autant le prix n’est pas une question du coût de copie de la valeur ainsi créée, le prix dépend du coût de la création qui inclut aussi celui du risque de la création (ex : pour 10 créations tentées 1 seule est considérée comme bonne par ses utilisateurs).

L’erreur de raisonnement consiste donc à ne considérer que l’objet produit et pas le coût de la production, y compris d’une valeur libre, copiable à “coût marginal nul”, de ne regarder la valeur que dans l’espace et pas sa création, sa vie et sa mort, dans le temps.

L’erreur consiste à nier l’individu source de toute valeur.

®om

@Galuel

(1) qu’est-ce qui a un coût marginal nul très exactement ?

Si c’est la copie, très bien, mais une oeuvre n’est pas la copie de l’oeuvre, et que je sache la création d’une oeuvre même immatérielle n’a absolument pas de « coût nul ».

C’est précisément de la copie dont je parle. C’est la raison pour laquelle je pense que la création d’une œuvre ne peut pas être financée par la vente de copies. C’est ce que je disais dans mon billet Piratage ou usage commun ?

@Galuel

(2) Pourquoi faudrait-il une « rareté » pour pouvoir « vendre ». Ceci est parfaitement faux. Ainsi bien qu’un accès internet soit partout présent en France, il n’existe pas d’accès gratuit, et tout accès se vend.

Et pourtant, c’est bien qu’il y a une certaine rareté de l’accès à Internet. Si une technologie permettait un accès illimité à tous sans passer par “un fournisseur d’accès”, que chacun pouvait émettre vers tous et recevoir de tous n’importe où et n’importe quand, sans jamais souscrire aucun “accès Internet”, l’accès serait encore moins rare. Et dans ce cas, il serait impossible de le faire payer.

Ce serait comme la communication orale : tout le monde peut communiquer oralement avec ceux qui sont autour d’eux, il n’y a pas besoin de souscrire un “accès à la parole”. Si cet accès à la parole était “plus rare” car nous aurions besoin d’un intermédiaire pour acheminer les vibrations de nos cordes vocales vers les oreilles de notre interlocuteur, dans ce cas il serait possible de le faire payer. Et alors nous ne le considérerions pas “rare” car toute la population aurait souscrit un contrat. Pourtant, l’accès à la parole serait “plus rare” que celui que nous connaissons.

@Galuel

Bien qu’il existe des disques durs permettant de stocker des quasi infinités d’octets, la vente de disques durs existe et ne dépend absolument pas de la « rareté » des octets stockables qui n’existe pas.

La vente de disques durs existe car c’est un objet physique soumis à une certaine rareté : la fabrication d’un disque dur n’est pas accessible à tous et son coût n’est pas nul. Si nous possédions une machine à cloner les objets matériels, et que chacun pouvait cloner à l’infini les disques durs, gratuitement et sans aucun effort, il est certain qu’il serait impossible de vendre des disques durs : il suffirait de cloner ceux qui existent déjà. Et ceci même si la conception et la réalisation initiales (celles nécessaire pour créer la première instance du disque dur) avaient demandé du travail.

C’est exactement ce qu’il se passe pour les fichiers numériques.

@Galuel

le prix n’est pas une question du coût de copie de la valeur ainsi créée, le prix dépend du coût de la création qui inclut aussi celui du risque de la création

Et ce “coût” de la création était intégré dans le prix de vente des copies. Si tu ne peux plus vendre de copies, car le coût et l’effort pour réaliser une nouvelle copie sont nuls, et que la copie est accessible à tous, ce modèle s’écroule.

@Galuel

L’erreur de raisonnement consiste donc à ne considérer que l’objet produit et pas le coût de la production

Ce n’est pas un oubli. Je dis d’ailleurs, toujours dans Piratage ou usage commun ?, que ce n’est pas la copie qui a de la valeur, mais l’œuvre :

Ce qui a de la valeur, c’est l’œuvre en elle-même […], ce n’est pas son support (ses copies).

Je dis juste qu’il est absurde d’empêcher le partage des œuvres uniquement pour créer une rareté artificielle afin de pouvoir les vendre.

C’est précisément de la copie dont je parle. C’est la raison pour laquelle je pense que la création d’une œuvre ne peut pas être financée par la vente de copies.

C’est une mauvaise raison dès le fondement. Quand bien même la copie ne se ferait pas à coût nul, le coût d’une copie n’a rien à voir avec le coût de production / création de quoi que ce soit. Duppliquer le principe du moteur à explosion n’a rien à voir en terme de coût avec le coût qui a consisté en sa mise au point en tant que modèle de moteur à explosion.

Donc encore une fois l’analyse spatiale est erronée quand elle croit pouvoir régler le problème temporel. A t0 un modèle n’existe pas, à t1 il a été mis au point pour un coût non nul, à t2 il a été dupliqué n fois. La duplication entre t1 et t2 n’a aucun rapport direct en terme de coût avec la création entre t0 et t1.

Quant à prétendre analyser ce qu’il faut faire et ce qui est juste entre t0 et t1 alors qu’il est impossible de savoir à ce moment là ce qui se passe entre t1 et t2 et que les créateurs / producteurs sont peut-être déjà morts, qui prétend pouvoir le faire sans imposer ses vues à autrui ?

Et pourtant, c’est bien qu’il y a une certaine rareté de l’accès à Internet.

Non, il n’y a pas de rareté. Ce n’est pas cela qui explique le phénomène. Pas du tout. Cette explication est parfaitement incorrecte.

Si une technologie permettait un accès illimité à tous sans passer par « un fournisseur d’accès », que chacun pouvait émettre vers tous et recevoir de tous n’importe où et n’importe quand, sans jamais souscrire aucun « accès Internet », l’accès serait encore moins rare. Et dans ce cas, il serait impossible de le faire payer.

Si chacun était en possession d’un émetteur / récepteur permettant TCP/IP, et alors que des fréquences publiques seraient réellement accessibles au public, alors il n’y aurait pas d’accès payant.

Or les deux sont permis par la technologie. Il ne s’agit absolument pas d’une impossibilité technique.

Encore une fois le raisonnement est incorrect, car il raisonne à partir de bases logiques fausses.

Ce serait comme la communication orale : tout le monde peut communiquer oralement avec ceux qui sont autour d’eux, il n’y a pas besoin de souscrire un « accès à la parole ». Si cet accès à la parole était « plus rare » car nous aurions besoin d’un intermédiaire pour acheminer les vibrations de nos cordes vocales vers les oreilles de notre interlocuteur, dans ce cas il serait possible de le faire payer. Et alors nous ne le considérerions pas « rare » car toute la population aurait souscrit un contrat. Pourtant, l’accès à la parole serait « plus rare » que celui que nous connaissons.

Ceci est faux encore une fois pour les mêmes raisons. Car si ceci était vrai il n’y aurait pas d’accès payant à la parole. Or quantités de paroles ne sont livrées qu’en échange de paiements, ceci est vrai, car énoncé à partir d’une base expérimentale vérifiable et reproductible.

Ainsi on ne peut assister à la parole de certains conférencier, artistes, analystes ou autres, qu’en échange de paiements, sans quoi l’accès est refusé. Les exemples abondent.

La vente de disques durs existe car c’est un objet physique soumis à une certaine rareté : la fabrication d’un disque dur n’est pas accessible à tous et son coût n’est pas nul. Si nous possédions une machine à cloner les objets matériels, et que chacun pouvait cloner à l’infini les disques durs, gratuitement et sans aucun effort, il est certain qu’il serait impossible de vendre des disques durs : il suffirait de cloner ceux qui existent déjà. Et ceci même si la conception et la réalisation initiales (celles nécessaire pour créer la première instance du disque dur) avaient demandé du travail.

Non encore une fois ce n’est pas la bonne raison. Une marguerite est en quantité quasi infinie, est duplicable par tous, et pourtant tout fleuriste en vend.

Ca ne tient pas la route encore une fois car les prémisces logiques sont tout à fait incorrects. Ils sont invalidés par l’expérience par de très nombreux exemples.

Et ce « coût » de la création était intégré dans le prix de vente des copies.

Aucunement. Je défie tout homme passé, présent ou à venir, d’estimer le coût véritable et non-arbitraire de toute création, prétendûment “valeur” ou “non-valeur” selon une échelle de mesure parfaitement arbitraire elle-même.

Car si tel était le cas, où est donc la rémunération qu’a reçu Léonard de Vinci pour l’invention de l’hélicoptère, étant donné tous les hélicoptères passés, présents et futurs, construits grâce à cela, et alors même que Léonard de Vinci est mort 500 ans avant que l’homme ne voie voler le premier hélicoptère ?

Tous ces raisonnements ne tiennent pas la route une seule seconde devant la réalité.

Ce n’est pas un oubli. Je dis d’ailleurs, toujours dans Piratage ou usage commun ?, que ce n’est pas la copie qui a de la valeur, mais l’œuvre

Ceci est totalement erroné. Car tout d’abord la copie a toujours un coût non-nul même faible. Qu’ensuite l’oeuvre n’a pas de valeur en elle même, puisque personne n’a donné de valeur à l’hélicoptère pendant 500 ans.

Seul l’individu a de la valeur car il est créateur de toute chose.

Les individus qui prétendent s’approprier des concepts, que ce soient de prétendues oeuvres, ou des copies de ces prétendues oeuvres et leur donnent de la “valeur” ne le font que dans la seule volonté de nier l’individu et d’imposer leurs vues à autrui.

®om

@Galuel :

Je pense qu’une partie de notre désaccord vient du fait que nous ne désignons pas la même chose par rareté. Je vais donc essayer de préciser de quoi je parle.

D’après moi, il existe une condition suffisante (C) sur un bien ou un service (x) pour ne pas pouvoir le vendre. Cette condition est formée par une conjonction de sous-conditions (C(x) = C1(x) ∧ C2(x) ∧ … ∧ Cn(x)), qui pourrait être décrite ainsi :

  • C1(x) : x peut être rendu disponible en quantité non limitée, ou en tout cas en quantité suffisante pour que tout le monde puisse en bénéficier ;
  • C2(x) : il est possible de produire un nouveau x, de propriétés égales (qualité, confort…) sans aucun effort et gratuitement (ou pour un coût infiniment faible) ;
  • C3(x) : tout le monde est capable de produire un nouveau x sans passer par un quelconque intermédiaire ;
  • Cn(x) : …

Cette liste n’est pas forcément exhausitive ni précise, mais peu importe : une telle condition existe, et les fichiers numériques respectent cette condition.

Ce que tu désignes par rareté, c’est uniquement ¬C1(x). Ce que je désigne par rareté, c’est ¬C(x). Pour les différencier, appelons C1(x) la non-rareté et C(x) non-®areté.

Si la non-®areté est suffisante pour ne pas pouvoir vendre, alors par contraposée la ®areté est nécessaire pour pouvoir vendre.

Pour être non-®are, x doit vérifier ∀i, Ci(x). Pour être ®are (c’est-à-dire pour pouvoir être vendu), il doit vérifier ∃i, ¬Ci(x).

C’est justement pour cela que les contre-exemples que tu me donnais respectaient C1 mais pas C. Par exemple, l’exemple du fleuriste ne respecte pas C2 : il n’est pas possible pour tout le monde d’obtenir un bouquet de même qualité que celui fourni par le fleuriste sans aucun effort. Si tel était le cas, le fleuriste ne pourrait effectivement plus vendre ses bouquets. L’exemple de l’accès Internet, quant-à lui, ne respectait pas C3.

Je me permets d’appeler la ®areté “rareté” car je considère qu’un x quelconque vérifiant C1(x) mais pas C(x) est “plus rare” que s’il vérifiait également C(x). Par abus de langage (que vous trouverez peut-être excessif), les conditions ¬C2 à ¬Cn désignent une certaine forme de rareté (cf les exemples que je donnais dans ce commentaire).

Mais dans tous les cas, quelque soit le nom que l’on donne à C(x) (non-®areté, non-rareté, ou autre), je considère que pour la société C(x) est préférable à ¬C(x), car ∀i, Ci(x) est préférable à ¬Ci(x).

Je ne considère donc pas acceptable l’argument économique voulant combattre C(x) (par définition) pour restaurer ¬C(x).

Et c’est bien de cela dont il est question dans la lutte contre le partage de fichiers numériques.

Tu vois la clarification permet de trouver le point clé que tu cites sans l’avoir compris !

il n’est pas possible pour tout le monde d’obtenir un bouquet de même qualité que celui fourni par le fleuriste sans aucun effort. Si tel était le cas, le fleuriste ne pourrait effectivement plus vendre ses bouquets.

Car en fait si la conclusion :

Je ne considère donc pas acceptable l’argument économique voulant combattre C(X) (par définition) pour restaurer ¬C(x)

Est juste, car “restaurer” ¬C(x) est typique de la polémique fabriquants de chandelles / Bastiat, en vérité la raison profonde du paradigme est liée au sens de l’EFFORT.

Et l’EFFORT n’est pas un bien économique que l’on peut séparer de l’INDIVIDU dans le cadre de l’échange MONETAIRE.

Ce qui fait que le paradigme juste donne la raison juste, à savoir que l’INDIVIDU est libre de choisir le SENS de son propre EFFORT sans qu’autrui soit en mesure de le nier autrement que via le cadre de la LIBERTE (ainsi l’effort consistant à bâtir le plan d’un casse et le réaliser à petite ou grande échelle n’est pas valide du point de vue de la liberté et toute rémunération de ce type d’effort là ne peut être légitime).

Qu’ensuite ce paradigme ci dessus cité n’est pas valide ne serait-ce qu’avec m = marguerite. Car le contre argument “de même qualité” n’est absolument pas recevable, chacun étant libre d’estimer ce qu’est une qualité valide de marguerite. Et que donc l’on peut légitimement affimer que :

C(m) = C1(m) ∧ C2(m) ∧ … ∧ Cn(m)

Et pourtant elle se vend.

Pour quelle raison légitime ? Pour la raison légitime relativiste que l’on paye l’effort du cultivateur, l’effort du transporteur, l’effort du fleuriste, qui nous permettent d’obtenir tout de suite et SANS DELAI (pour un dt = très petit), le bouquet de marguerite que l’on souhaite, quand bien même il nous est possible d’en avoir autant que l’on veut à coût nul, en prenant simplement du TEMPS et un effort minimal (df = très petit) pour aller simplement en cueillir, ou au nécessaire en planter et en cueillir.

C’est donc à la racine que les concepts de “valeur” ou de “rareté” sont erronés pour qualifier correctement une économie selon le respect des droits de l’homme et de la liberté.

Anton

Je n’ai pas encore lu une grande partie de vos articles (seulement celui-ci, “Piratage ou usage commun ?” et “Dividende Universel : un enjeu majeur de société” pour le moment) mais j’éprouve un grand plaisir à vous lire, car j’ai l’impression que cette crise mondiale ouvre les portes d’une révolution importante. Le 20ème et 21ème siècle marquera sans doute une période durant laquelle l’humanité aura perdu un sens important des valeurs. J’espère que je vivrai suffisamment longtemps pour voir les choses évoluer dans le bon sens.

Que pensez vous du nombre d’habitants sur la planète ? J’ai toujours considéré qu’il s’agissait d’un problème majeur et suffisamment général pour porter atteinte à tout les autres, économiques ou non. En étant aussi nombreux, nous pataugeons dans les bases d’un système qui devient de plus en plus complexe et de plus en plus dangereux. Je pense que parmi les rares atouts qu’une population dense peut offrir, on trouve la richesse culturelle. Seulement je suis convaincu que nous avons dépasser le seuil nécessaire à un équilibre parfait entre qualité de vie et richesse culturelle.

A.

Merci de nous avoir rappelé les bonnes vielles règles économiques notamment celles de rareté. Internet permet de partager et dupliquer presque à l’infini, des biens culturels et que donc, leur cout marginal en devient nul. C’est tout simple, même trop simple pour certains et c’est ce qui fait que toute lutte contre le piratage est perdue d’avance.

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